Au rendez-vous de la mort...!
Aux proches des enfants de la patrie mort sur le lit d'hôpital, la République exprime ses sincères condoléances et ses afflictions les plus douloureuses. C'est ainsi, en quelques mots, jetés à la va vite comme pour dégager leur responsabilité, qu'autorités à divers niveaux sont montées au créneau pour sacrifier à cette tradition de compassion qui veut les garants de l'État soient sur les écrans pour dire aux vivants leurs peines en pareille situation. Ce n'est que normal ! Quand une tête tombe, l'autre ne peut qu'être sous le choc, dit l'adage. Mais passé ce cérémonial qui frise parfois la plaisanterie de mauvais goût, il arrive rarement que des actes forts soient posés pour situer les responsabilités et sanctionner les fautifs. Dans cette ambiance d'impunité et laisser-aller ambiant, nos hôpitaux ont renforcé, au fil des régimes, leur triste réputation de mouroirs certifiés. Et à tour de bras, les patients y meurent sans que presque jamais, personne ne paie pour ces fautes professionnelles grave qui ailleurs sont passibles de peines si dissuasives que plus personne n'ose tomber sous le coup de la loi. Mais ici, c'est à peine si on a du remords pour ces meurtres que l'on fait passer pour des coups du destin. C'est dans cet univers où vont et viennent, sans aucun égards pour la vie, des coeurs endurcis par appât du gain que quatre innocents qui étaient au rendez-vous avec la vie ont plutôt rencontré la faucheuse qui rôdait dans les parages. Dans un pays où on dit disposer de l'électricité à un prix que même la Chine ne peut offrir, on tombe des nues quand on apprend que l'hôpital de référence en vient à en manquer au péril d'innocentes vies. C'est à croire que nous sommes passés pour maitre dans l'art de vendre du vent alors même que l'évidence saute si bien à l'œil. Tout compte fait, ces décès qui suscitent émoi et indignation ne devront pour rien au monde rester impunis. Ce serait la légèreté de trop au sommet de l'État. Le couperet de la rigueur doit tomber raide sur les fautifs afin que force reste, plus qu'à la loi, à la vie. C'est une obligation pour qui de droit de ne pas rester dans les intentions mais de briller par les sanctions pour que cessent ces morts programmées par la négligence, la cupidité et la duplicité de personnes sans foi ni loi. C'est maintenant un impératif. Il ne suffit plus de taper du poing sur la table ; il faut cette fois-ci retourner les gens en fac pour qu'ils apprennent de nouveau le serment d'Hippocrate. Il est enfin temps de remettre les pendules de la médecine à l'heure du serment, chez nous.
Raoul HOUNTONDJI

Super
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